Histoire dans le Val d'Aran

La singulière personnalité du Val d'Aran est une conséquence directe, il n'y a pas de doute, de sa situation spéciale dans les Pyrénées, avec une langue et un folklore qu'ont été définies tout au long de son histoire.

Le Conselh Generau, l'institution la plus importante du gouvernement, se maintint jusqu'en 1834. En 1717, le roi absolutiste Philippe V n'inclut pas le Val d'Aran dans le Décret de Nueva Planta qui supprimait tous les fueros (privilèges) catalans; il dispensa même la vallée de l'utilisation du papier timbré. Cependant, pour conserver leurs privilèges, notamment à une époque où la souveraineté royale devait être reconnue, les Aranais devaient payer un impôt -eth galin reiau- qui consistait en une mesure de blé versée par chaque maison de la vallée. Les fueros étaient rangés dans une armoire fermée par six clés, Er armari des Sies Claus, chaque conselher en détenant une.

Une partie de l'invasion napoléonienne se produisit par le Port de Vielha (1810) et Napoléon intégra la vallée dans le département de la Haute-Garonne. En 1815, sous le règne de son roi Louis XVII, la France restitua le Val d'Aran à la couronne espagnole. Au cours de cette période (1832), un groupe d'ingénieurs avait déjà projeté le premier Tunnel de Vielha pour sortir la vallée des longues périodes d'isolation hivernales. Il s'agissait d'un ouvrage d'une envergure exceptionnelle pour l'époque et sa construction, qui se heurta à de grosses difficultés, fait partie de nos jours encore de l'histoire de la vallée.

Du point de vue administratif, le Val d'Aran fait partie de la Communauté Autonome de Catalogne. En raison de sa particularité culturelle et linguistique, le Statut d'Autonomie de la Catalogne (1979) a reconnu l'organisation administrative traditionnelle de l'Aran, ce qui a donné lieu à la promulgation (1990) de la Loi sur l'Aran et à la restauration du Conselh Generau d'Aran (Conseil Général) avec les figures du Síndic (le Syndic) et des Conselhers (les Conseillers).

Du point de vue territorial, le Val d'Aran est divisé en six terçons: Pujòlo, Arties-Garòs, Castièro, Marcatosa, Lairissa et Quate Lòcs. Chaque terçon regroupe un ensemble de villages.

La Loi 16/1990 sur le régime spécial du Val d'Aran -la Loi sur l'Aran- restitue aux Aranais leur structure administrative traditionnelle et la modernise. Il s'agit d'une structure administrative qui, sans préjudice de l'organisation territoriale, peut s'occuper de gérer de manière plus immédiate les questions qui touchent directement les intérêts particuliers du territoire tels que : le rétablissement de sa propre organisation administrative, la normalisation, la protection et l'enseignement de l'aranais et la conservation de ses particularités culturelles.

Un an plus tard, le 17 juin 1991, fut instauré le Conselh Generau d'Aran, organe qui, présidé par le Syndic d'Aran, exerce le gouvernement de la Generalitat de Catalunya en vertu de la loi promulguée.

L'assemblée plénière du Conselh Generau d'Aran est composée de treize Conselhers élus tous les quatre ans par suffrage en même temps que les élections municipales.
Les partis politiques y participent dans chacune des divisions administratives d'Aran ou terçons.

Les compétences du Conselh Generau sont variées et vont de la protection de la diversité culturelle à l'extinction d'incendies, de nouvelles compétences étant incorporées progressivement. La prise en charge des compétences demeure un processus ouvert, un débat continu au sein de la vie politique aranaise.

Drapeau de la Val d'Aran